La liberté d’importuner?

Dans une tribune publiée par le journal français Le Monde, le 9 janvier 2018, Sarah Chiche, psychologue, psychanalyste et écrivaine, – en compagnie d’une centaine d’autres personnes dont la très respectable Catherine Deneuve, que l’on avait connue mieux inspirée – revendique pour les hommes «la liberté d’importuner les femmes, indispensable à la liberté sexuelle».
Après m’être pincée pour m’assurer d’avoir bien lu, je reste bouche bée devant de tels propos banalisant scandaleusement les agressions sexuelles dont sont quotidiennement victimes des millions de femmes à travers le monde. Que penser de ce texte, est-ce une maladresse? Une volonté de contrer les féministes? Une bêtise crasse? Ne connaissant pas personnellement les signataires, rien ne me permet de trancher entre ces options, mais juste de m’insurger à mon tour contre le mal que fait cette tribune d’intellectuel-le-s à toutes les femmes qui souffrent en silence et à toutes celles qui ont enfin commencé à parler grâce à ce formidable mouvement de libération de la parole initié par la terrible affaire Weinstein.
Aux signataires de cette tribune, je souhaite dire: «Non, vous n’arriverez pas à diviser les femmes par de tels propos; un mouvement inédit est en marche et il ne s’arrêtera pas!» Je continuerai pour ma part à encourager les femmes qui subissent le harcèlement sexuel à le dénoncer et je serai toujours à leurs côtés. Importuner ne sera jamais synonyme de séduire.
Marjorie de Chastonay, candidate au Conseil d’Etat et Président des Verts Ville de Genève Genève, 11 janvier

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