Le risque est grand que ce procès ne soit ni celui de l’école, ni celui du potentiel abuseur, mais bien celui des femmes

Je suis encore abasourdie à la lecture des propos du Directeur du Collège de Saussure, aujourd’hui à la retraite, relatés par la Tribune de Genève. « Nous en avions entendu parler, mais la jeune fille n’avait pas dénoncé les faits donc nous n’avons pas ouvert de procédure ».
Sans doute faudrait-il rappeler à ce Monsieur que certains faits se dénoncent d’office et qu’au moindre doute, il aurait, pour le moins, dû alerter sa hiérarchie.
Ainsi que nous l’apprenons, plusieurs jeunes femmes auraient succombé au charme de leur enseignant et auraient ensuite subi des assauts malsains et violents. Elles ont vécu cette situation dans leur chair murées dans le silence et l’école a failli à sa tache car elle avait eu vent des faits.
Aujourd’hui Tarik Ramadan, dont la présomption d’innocence n’est pas attaquée, nie les faits et constitue non pas sa défense, puisque les faits sont prescrits, mais bien son attaque, avec deux ténors du Barreau genevois dont l’un est connu pour ses déclarations méprisantes réitérées à l’égard des femmes.
De victimes, ces jeunes femmes risquent de se trouver accusées et acculées à décrire ce qu’elles ont enfoui durant tant d’années. Le risque est grand que ce procès ne soit ni celui de l’école, ni celui du potentiel abuseur, mais bien celui des femmes.
On se prend à rêver, que ce mouvement mondial qui libère la parole des femmes, ne se retourne pas, dans le cas de figure, contre celles qui y participent.
Il faudra y veiller.
Courrier des lecteurs, Tribune de Genève, 14 novembre 2017

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