Un chiffre: 26, c’est le nombre de femmes élues au Grand Conseil genevois en 2013, soit à peine plus du quart de notre parlement. Moins encore qu’en 2005 où elles n’étaient déjà que 31. À titre de comparaison, la Suède frise la parité avec ses 43,6% de femmes élues, sans parler du Rwanda où plus de 60% de femmes occupent le parlement (Source: Union interparlementaire www.ipu.org). Cherchez l’erreur!
Moins nombreuses que les hommes sur les listes, les femmes restent désespérément sous-représentées dans les élections genevoises. Il convient alors de modifier cette situation et les partis ont un rôle fondamental à jouer. Parmi les étapes obligées pour améliorer ce score déplorable, la composition des listes est déterminante.
À moins de six mois des élections cantonales, alors que les partis politiques du bout du lac se mettent en ordre de marche pour renouveler les autorités législatives et exécutives, le signal est mauvais. Sur les listes du PLR et du PDC, les femmes représentent moins d’un tiers des candidat-e-s. Que dire de l’UDC où elles sont moins de 20%! Quel manque d’ambition et de représentativité!
Chez les Verts où la parité est statutaire, la question ne se pose même plus, la liste proposée comprend autant d’hommes que de femmes. Gageons que si tous les partis suivaient cette démarche et offraient à l’électorat des listes comportant autant de femmes que d’hommes, on tendrait vers plus d’égalité.
Et si cela ne suffit pas, il conviendra de réfléchir à modifier notre Constitution en instaurant une représentation proportionnelle et paritaire. L’électorat serait ainsi appelé à élire 50 femmes et 50 hommes pour le Grand Conseil.
L’égalité entre femmes et hommes n’est pas acquise dans de nombreux domaines et le monde politique n’échappe pas à la règle. C’est dès l’enfance que tout semble se jouer; aux garçons tout est possible en matière d’orientation, alors que les filles font encore face à un choix limité. Comment se projeter lorsque l’on est une petite fille et que tous les postes clés sont occupés par des hommes?
Si l’on veut éviter des mesures contraignantes, il serait donc temps qu’en avril et en mai 2018, les élections cantonales offrent au Grand Conseil et au Conseil d’État davantage de place aux femmes. Et si les partis ne sont pas capables de le faire encore cette fois-ci, ce sera aux électeurs et aux électrices de corriger le tir en votant massivement pour des femmes!
Texte paru dans la rubrique « Face à Face » de la Tribune de Genève, 23.11.17